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A Home Is Not a House

…et vice versa !

C’est le titre d’un article célèbre de Reyner Banham, le non moins célèbre critique britannique du pop art et de l’architecture, paru en avril 1965 à New York dans la revue Art in America et rédigé dans le cadre d’une recherche subventionnée par la Graham Foundation sur le rôle nouveau des services mécaniques dans le développement de l’architecture moderne.

Banham y faisait état du malaise de l’architecture Américaine en particulier, et en particulier de cette génération d’architectes, de Sullivan à Johnson en passant par Wright – dont l’art du monumentalisme les assimilent trop à l’école européenne, d’autant plus qu’ils n’ont pas digéré et intégré cette technologie alors en plein boom! Comme si le gratte-ciel ne dépendait pas d’Otis…

Il y attaque cette nouvelle architecture où c’est la fonction – les fonctions mécaniques et électriques – qui détermine désormais la forme, au point de l’évacuer totalement. La technologie arrive en effet à contrôler complètement  l’environnement, intérieur d’abord puis extérieur, la nature, transformée en banlieue, sur laquelle s’étend la nouvelle unhouse, le camping et bientôt la maison mobile…Cette « maison » se résume formellement à l’enchevêtrement d’appareils multiples qui en font une machine en mouvement. Il en donne plusieurs exemples dont celui de la maison New Canaan du même Philip Johnson, accusé maintenant de cacher son fonctionnalisme sous un monumentalisme de façade, qu’il voit comme un abri temporaire flottant entre deux feux de camps, dedans et dehors, et pliable entre deux camping…

Pour illustrer cet article, la revue fait appel en 1964 à Dallegret, frais débarqué à New York après des études en architecture à Paris où il s’est déjà fait remarquer par sa fascination pour les technologies et ses dessins « mécaniques » exposés à la galerie Iris Clert en 1962. Après une rencontre avec Banham, il s’installera définitivement à Montréal où il réalise les six dessins devenus « architecturaux » à l’occasion, faits à l’encre de chine, au té et à l’équerre sur film translucide, et qui correspondent parfaitement à l’esprit de l’auteur, à sa théorie comme à son ironie. En dira Banham « Au delà de leur qualité graphique, ces illustrations démontrent bien la futilité de la crainte de nombreux architectes de voir l’invasion de la machinerie environnementale marquer la fin de la créativité ».

Jean Décarie
200507

>Download PDF  Art in America Number Two April 1965